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Aveu de Fils-Aimé : Haïti, 17 mois de pouvoir, des millions engloutis, et toujours pas de « conditions sécuritaires » pour voter en 2026

Haitian Globe
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May 12, 2026
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Aveu de Fils-Aimé : Haïti, 17 mois de pouvoir, des millions engloutis, et toujours pas de « conditions sécuritaires » pour voter en 2026

Haïti : après 17 mois de promesses électorales et des millions dépensés pour recruter des mercenaires, Fils-Aimé reconnaît l’échec sécuritaire, admet l’impossibilité d’un scrutin en août et évoque vaguement une présidentielle avant la fin de l’année — mais quel pays choisit un président en sept mois ?

PORT-AU-PRINCE — « 2026 sera une année électorale ». Depuis novembre 2024, cette formule revenait comme un refrain dans les déclarations officielles d’Alix Didier Fils-Aimé, installé au pouvoir avec une mission prioritaire : rétablir la sécurité et conduire le pays vers des élections « libres, honnêtes et démocratiques ».

Dix-sept mois plus tard, le même dirigeant, après avoir dépensé des millions de dollars pour recruter des mercenaires dans l’objectif affiché de combattre les gangs, a finalement reconnu lundi, sur les ondes de Radio Magik9, qu’aucun scrutin présidentiel ne pourra se tenir en août 2026, faute de conditions sécuritaires adéquates. « Il est clair que les conditions sécuritaires ne sont pas réunies au niveau requis pour organiser des élections en août », a déclaré Fils-Aimé au rédacteur en chef du Nouvelliste, le plus ancien quotidien d’Haïti, lors d’un entretien diffusé sur Magik9.

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Cet aveu intervient pendant que plusieurs régions du pays vivent sous la pression permanente des groupes armés. Dans l’Artibonite, des habitants dénoncent une recrudescence des violences et accusent les autorités d’inaction face à des gangs qui continuent d’étendre leur influence. Des riverains de Jean-Denis, Liancourt, Marchand-Dessalines, Saint-Marc, Cabaret et Arcahaie affirment vivre dans la peur quotidienne, alors que des hommes armés auraient réussi, la semaine dernière, à démobiliser un commissariat de police sans riposte durable des forces de l’ordre.

Les mêmes habitants s’interrogent publiquement sur l’origine de l’arsenal utilisé par les groupes criminels. « Où trouvent-ils toutes ces munitions ? », demandent plusieurs citoyens confrontés à des attaques répétées dans une région autrefois considérée comme le grenier agricole du pays. Malgré les annonces d’opérations policières et de « task force », les gangs continuent de circuler, d’incendier, d’intimider et de contrôler certains axes routiers. Lundi encore, comme par enchantement, au moment du retour programmé du Premier ministre de doublure, les gangs ont démontré tout leur savoir-faire dans la Plaine du Cul-de-Sac. C’était le sauve-qui-peut. La police, une fois de plus, était absente, comme pour donner raison aux déclarations désormais assumées de M. Fils-Aimé : « les conditions sécuritaires actuelles ne permettent pas l’organisation d’une élection présidentielle en août ».

Le malaise politique s’accentue lorsque le chef du gouvernement, déjà à son quatrième voyage à l’étranger en moins de quatre mois, affirme aujourd’hui que les élections ne peuvent être organisées Durant des mois, l’exécutif avait pourtant multiplié les annonces autour du calendrier électoral, de l’enregistrement des électeurs et de la préparation institutionnelle du scrutin. Désormais, la question s’impose dans l’opinion publique : si les élections ne peuvent avoir lieu avant l’échéance du 7 février 2027, combien de temps encore Alix Didier Fils-Aimé restera-t-il en place à ressasser les mêmes promesses de novembre 2024 ?

Pendant que des familles fuient les violences dans l’Artibonite, le Plateau central, la Plaine du Cul-de-Sac et Kenscoff, plusieurs voix ironisent déjà sur les déplacements officiels et les voyages diplomatiques du pouvoir. Après Rome et le Vatican, certains se demandent si Alix Didier Fils-Aimé retournera bientôt aux États-Unis pour assister à des matchs de football liés au Mondial 2026, pendant qu’Haïti demeure incapable d’organiser son propre rendez-vous électoral. M. Fils-Aimé, qui cumule plusieurs rôles — chef du CSPN, quasi-président et chef d’un gouvernement omnipotent — ira-t-il également honorer le Drapeau de nos pères à l’Arcahaïe ?

La question centrale demeure donc politique, juridique et morale : cette transition de février 2026 avait-elle réellement pour finalité de rétablir la sécurité et d’organiser des élections, ou sert-elle désormais à prolonger un pouvoir sans mandat populaire, dans un pays où l’autorité de l’État recule devant la puissance armée des gangs ?

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