L’Affaire PetroCaribe réveillera probablement dans les mémoires le grand scandale de corruption enregistré au sein de la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti présidée par les escrocs Bill Clinton et Jean-Marx Bellerive, après le tremblement de terre du 12 janvier 2010 en Haïti.
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Le vendredi 3 mars 2017, les Haïtiens apprenaient avec surprise la mort de l’ex-président René Préval des suites d’un accident cardio-vasculaire. Il avait dirigé la République durant dix ans. Sans interruption de ses deux mandats obtenus dans l’intervalle de cinq ans. C’est sous le deuxième gouvernement de René Préval que l’État vénézuélien incluait Haïti sur la liste des pays bénéficiaires du programme PetroCaribe. L’accord a été signé en 2008. Soit deux années avant la catastrophe sismique du 12 janvier 2010 qui a détruit la ville de Port-au-Prince et ses banlieues. Le montant du prêt à très faible intérêt (1%) octroyé par le Commandant Chavez à ses bienfaiteurs de la Caraïbes pouvait atteindre un plafond de 30 millions de dollars US par mois, soit 360 millions de dollars l’an. Le remboursement devrait s’étaler sur 25 ans, avec une période de grâce de 2 ans, selon les modalités prévues dans les clauses du contrat.
Le généreux Révolutionnaire Hugo Chavez tenait à utiliser les ressources pétrolières pour libérer certains pays de l’Amérique des entraves de l’endettement imposé par les bailleurs de fonds pour ruiner leur économie et les maintenir plus longtemps – si ce n’est pas toujours – dans les chaînes de l’impérialisme hégémonique. D’ailleurs, le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale (BM), la Banque interaméricaine de Développement (BID) voyaient dans la pratique stratégique des prêts de Chavez une concurrence déloyale qui visait à ralentir leur influence financière dans la région. Le manque de vision développementaliste des États « prévalien », « martellien » et « privertien » a enterré les espoirs soulevés par l’octroi du programme d’aide PetroCaribe à Haïti. La communauté internationale néolibérale, hostile au progrès social, à l’essor économique, à l’autodétermination politique du pays, porte aussi une grande responsabilité dans l’échec de l’initiative chavézienne. Les États dominants du Nord ont tout fait pour encourager le gaspillage et l’utilisation de ce fonds à des fins singulières.
La gestion de l’argent récolté de la vente du pétrole vénézuélien était confiée à l’organisme étatique dénommé Bureau de Monétisation des Programmes d’Aide au Développement (BMPAD). Celui-ci jouait le rôle d’intermédiaire entre le Venezuela représenté par la PDVSA Petroleo S.A. et les compagnies qui s’occupent de la distribution des produits pétroliers qui sont la gazoline, le diesel, le kérosène, le mazout et l’asphalte. Dans le cadre de l’entente bilatérale, 40% à 70% [1] des montants retirés des transactions seraient transférés au Venezuela par l’entremise de la PDVSA.
Selon les informations disponibles, jusqu’au 30 septembre 2014, l’argent généré par l’écoulement du pétrole sur le marché local totalisait plus de 3 milliards 800 millions de dollars US. Le dernier rapport de la Cour supérieure des Comptes fait lui-même état d’une valeur monétaire estimée à 4 milliards 257 millions 598 mille 589 dollars et 12 centimes US. C’est la gestion incorrecte, malhonnête et frauduleuse de cette somme d’argent qui était destinée à changer les conditions de vie du peuple haïtien qui plonge le pays dans cette situation d’ingouvernabilité politique, de faillite économique et de dégénérescence sociétale. « Quand la Nation demande des comptes », la panique s’installe toujours dans le camp des autorités irresponsables et incompétentes.
Robert Marcello
L’Affaire PetroCaribe a suscité son premier scandale en 2010 avec l’enlèvement suivi de l’assassinat d’un fonctionnaire réputé pour son sens de professionnalisme. Robert Marcello dirigeait la Commission Nationale des Marchés Publics (CNMP). Il signifiait carrément au président René Préval et à son Premier ministre de l’époque, Madame Michèle Duvivier Pierre-Louis, qu’il était insatisfait de l’utilisation du prêt obtenu du Venezuela. Robert Marcello avait donc raison. Les enquêteurs PetroCaribe reprochent à René Préval et à son équipe d’avoir dilapidé, détourné 197 millions de dollars US dès l’installation du programme, et 163 millions de dollars US dans un second temps. Durant le premier mandat de René Préval, la population haïtienne voyait en ce président une personnalité exemplaire, au-dessus de tout soupçon de corruption. Il dénonçait publiquement des collaborateurs impénitents, pourtant qui faisaient partie de sa famille immédiate, et les envoyait en prison au pénitencier national pour fraudes administratives.
Le manque de vision développementaliste des États «prévalien », « martellien » et « privertien » a enterré les espoirs soulevés par l’octroi du programme d’aide PetroCaribe à Haïti.
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Le défunt fondateur du groupement politique INITE ne pourra pas répondre aux convocations de la Justice de son pays dans le cadre du procès qui est exigé par la clameur publique. Ronald Beaudin, l’ancien ministre des Finances de René Préval est aussi épinglé dans les rapports de Youri Latortue, d’Évalière Beauplan et de la Cour supérieure des Comptes et du Contentieux administratif (CSCCA). C’est à travers ses anciens Premiers ministres, Madame Michèle Duvivier Pierre-Louis et M. Jean-Marx Bellerive que l’enfant de la Marmelade sera jugé, condamné ou innocenté.
Cependant, nous serions presque en mesure d’écrire que la lutte pour blanchir et préserver intact la mémoire du président disparu est loin d’être une tâche facile. Surtout lorsque l’on pense aux révélations d’Amaral Duclona devant les instances judiciaires dominicaines sur les circonstances qui entourent le meurtre crapuleux de Robert Marcello.
René Préval et sa sœur Marie Claude Calvin n’ont pas été épargnés par le tueur de Bélékou (Cité Soleil). Ainsi que Jude Célestin, l’ex-candidat aux élections de 2016, ancien directeur général du Centre national des équipements (CNE). La probité professionnelle nous commande de ne pas enfoncer des clous dans le cercueil d’un individu en difficulté. René Préval n’est plus là pour défendre son honneur et son intégrité. Un procès « posthume » sur son mode de gouvernance politique, nous l’espérons sincèrement, le prendra certainement en compte.
Nous avons écrit dans notre texte « René Préval, moins ange que démon », publié le 15 mars 2017 : « Le défunt soulève à la fois l’admiration et la déception dans la mémoire collective. La lourde carapace politique qu’il a portée jusqu’au jour de son trépas a été moulée dans une controverse fuyante. »
L’Affaire PetroCaribe réveillera probablement dans les mémoires le grand scandale de corruption enregistré au sein de la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti présidée par les arnaqueurs Bill Clinton et Jean-Marx Bellerive, après le tremblement de terre. Les fonds alloués pour venir en aide aux sinistrés ont été mal gérés. Et même détournés, selon des rumeurs persistantes. Le 31 mars 2010, 60 pays réunis à New York déclaraient en présence de la presse internationale qu’ils disposaient de 10 milliards de dollars pour aider Haïti à traverser la mauvaise passe. Où est passé l’argent confié à Bill Clinton et à l’ex-premier ministre Jean-Marx Bellerive ? En matière de reconstruction, ces deux forbans n’auraient pratiquement rien à prouver au cas où l’État haïtien déciderait d’intenter contre eux une poursuite judiciaire pour gaspillage ou détournement de fonds.
Des avocats ont entrepris des démarches auprès des Parlements des États-Unis, de la France, du Canada afin qu’une enquête soit diligentée pour clarifier la situation. Jean-Marx Bellerive, cette espèce de « carambouilleur », a peut-être déjà réservé les services d’un collège d’avocats pour préparer sa défense dans les dossiers que nous avons évoqués, et qui sont encore plus brûlants que les fers chauffés dans la forge d’Héphaïstos.
C’est sous le premier gouvernement des Tèt kale, le parti rose, que la vanne du gaspillage et du vol des deniers publics a été largement ouverte. Sweet Micky et Laurent Lamothe en prenaient des portions doubles. Ils ont inventé 216 projets [2] inutiles pour un coût de financement calculé à plus d’un milliard de dollars US. Sans le moindre embarras, les prédateurs dilapidaient l’aide au développement accordée par le gouvernement révolutionnaire du Venezuela. Au moyen de ce geste philanthropique, désintéressé et gracieux, Hugo Chavez a voulu manifester sa gratitude envers la République d’Haïti. L’assistance financière et militaire du président Alexandre Pétion à Simon Bolivar contribua également – rien que pour le rappeler – à l’indépendance du Venezuela le 5 juillet 1811 et à sa libération définitive des forces espagnoles le 24 juin 1821 lors de la bataille de Carabobo menée par Simón Bolívar.
Incroyable
Le palais des Martelly situé sur la Côte des Arcadins serait estimé à 9 millions de dollars US. Une véritable insulte pour une population qui meurt de faim et de soif dans un pays déboussolé. Le PDG de la UNIBANK, M. Carl Braun, a tenté de dissiper les doutes sur la provenance de la somme qui a servi à la construction de cette luxueuse résidence. Le banquier a déclaré que le prêt hypothécaire a été octroyé par l’institution financière qu’il dirige. Un emprunt d’une pareille importance nécessiterait un niveau de solvabilité très élevé. Tout semble indiquer que M. Carl Braun n’a pas révélé les dessous de cette histoire abracadabrante. Le Premier ministre du Canada, Justin Trudeau, avec une rémunération totalisant $ 267 041,00/an [3], serait incapable de faire approuver sans difficulté un prêt personnel de 10 millions de dollars par une banque quelconque. Le président de la France, Emanuel Macron empoche 212 247,000 Euros par année [4]. Pour une pareille entreprise, le solliciteur doit présenter un profil financier solide qui démontre sa capacité de remboursement, en acceptant de soumettre les documents justificatifs requis. Son admissibilité repose principalement sur sa santé financière globale. Un bon historique de paiement est indispensable pour prouver que l’on gère bien ses dettes. Les revenus doivent être stables et suffisants pour couvrir les dépenses courantes en plus des nouveaux versements. Les dettes actuelles combinées à la future obligation ne doivent pas dépasser un certain pourcentage des revenus bruts. À propos de la mise de fonds – comme il en est coutume pour un prêt hypothécaire – il faut démontrer – dans bien des cas – la provenance légale de son apport initial. En Haïti, on ne sait même pas combien gagne réellement le président de la République. Lorsque « le brailleur de chanson de Mardi Gras » est arrivé au pouvoir, les rumeurs circulaient déjà sur son indigence financière. À l’instar d’Oscar Wilde, ou de Wolfgang Amadeus Mozart – sans aucune comparaison possible au niveau du génie des deux personnages – l’homme subissait des revers de fortune qui l’auraient finalement mené à une situation de précarité aggravante ou de dénuement irréversible.
Le Sénateur et homme d’affaires dominicain, Felix Bautista, un corrupteur et un corrompu de facture internationale, avait financé les campagnes électorales du chanteur Sweet Micky à des hauteurs de 2,5 millions de dollars US et de 550 mille dollars US pour la formation politique de la candidate malheureuse, Mirlande Hyppolite Manigat. Tardivement, la dirigeante du RDNP finissait par reconnaître que son mouvement politique avait effectivement bénéficié des largesses de la compagnie étrangère Hadom établie en Haïti [5]. En retour, Les firmes de Bautista ont paraphé des contrats lucratifs et irréguliers, c’est-à-dire sans appel d’offres, avec les représentants gouvernementaux du parti rose. Alter Presse a rapporté sur son site : « Félix Bautista a signé des contrats suivant des conditions peu claires avec l’État haïtien, durant la présidence de Michel Martelly. Ces ententes lui ont permis de faire des fortunes questionnées par la justice de son pays… [6] »
Félix Ramón Bautista Rosario
La commission Éthique et Anticorruption du Sénat de la République a publié deux rapports sur le gaspillage de l’argent PetroCaribe. Les conclusions des deux groupes de commissaires se rejoignent à tous les points : projets inappropriés, contrats sans appel d’offres, surévaluation des coûts des travaux publics, népotisme, favoritisme… La construction du viaduc de Nazon a coûté 21 millions de dollars à l’État haïtien, au lieu des 16 millions qui étaient initialement prévus. La firme dominicaine qui a exécuté les travaux essuie encore les critiques des usagers de l’endroit. Le jeu n’en vaut pas la chandelle.
Définitivement, le Parti haïtien des tèt kale (PHTK) est une association de malfaiteurs professionnels. Ce mouvement confus, controversé, apparait aux yeux des analystes politiques comme le pire des malheurs qui puisse arriver à ce pays pendant l’époque postduvaliérienne. En 2019, le directeur du ministère de l’Intérieur, Fednel Monchéry était éclaboussé dans un scandale de trafic de visas étatsuniens. Le membre zélé du PHTK craignait même de perdre son gagne-pain. L’ambassade américaine n’a pas donné suite aux allégations de fraudes, qui semblaient quand même fondées. Plusieurs victimes avaient témoigné aux micros des reporters.
Fednel Monchéry
Le gouvernement des États-Unis continue de supporter le néomacoutisme en Haïti. Exactement comme l’a fait Barak Obama durant ses deux mandats consécutifs à la Maison Blanche.
Sous la pression des autorités du PHTK, la Cour supérieure des Comptes et du Contentieux administratif (CSCCA) a rendu le 28 janvier 2016 un arrêt de quitus ou décharge en faveur de Sophia Martelly. Le 15 juin 2012, Olivier Martelly a été nommé coordonnateur de la Commission d’appui à la coordination des infrastructures de sport et d’accompagnement de la jeunesse haïtienne (CACISAJH). Une fonction créée sur mesure pour le fils du « président rose ». Olivier Martelly était responsable de la construction de 25 stades à travers le pays. Les enquêteurs ont conclu que les résultats du projet ne sont pas concluants. Ils soulèvent des suspicions de « corruption ». Le mardi 31 mai 2016, le Parquet de Port-au-Prince a demandé au Cabinet d’instruction d’enquêter sur l’utilisation véritable des montants d’argent confiés à Olivier Martelly. Les 70 millions de dollars [7] proviennent du fonds PetroCaribe.
Olivier Martelly Sophia Martelly
Dans une autre décision rendue le même jour, la Cour supérieure des Comptes et du Contentieux administratif (CSCCA) faisait savoir au « prince » que sa demande de décharge avait été rejetée. Combien pèse précisément la fortune d’Olivier Martelly dans la balance des « petits multimillionnaires incultes » ? L’escroc et le brigand en herbe possède des biens immobiliers à Port-au-Prince et ailleurs. Grâce à la position privilégiée du père, le fils aîné corrompu a accumulé des richesses matérielles en un temps record. Toute cette situation de gabegie ruineuse se déroule dans un pays délabré, haillonneux où des jeunes filles qui sont allées à l’université, qui possèdent des qualifications professionnelles reconnues, se prostituent pour ne pas dormir dans la rue, pour se payer une maigre assiette de « chyen janbe [8] ». Et que doit-on dire de ceux-là qui reviennent du Chili, du Brésil, du Canada, des États-Unis, des Bahamas, dans des conditions encore plus dégradantes, plus lamentables qu’avant leur départ?
Dans un procès PetroCaribe, Jocelerme Privert et Enex Jean-Charles risquent de se retrouver côte à côte à la barre des témoins ou dans le box des accusés. Le gouvernement intérimaire qu’ils ont dirigé après le départ du « chanteur de mardi gras » seraient mouillés jusqu’aux genoux dans la dilapidation de l’argent d’Hugo Chavez et de Nicolas Maduro. Sous le premier gouvernement de René Préval, Jocelerme Privert était à la tête de la Direction générale des Impôts (DGI), une institution au sein de laquelle il avait pratiquement franchi toutes les étapes. C’est grâce à l’intervention d’un membre du cabinet particulier du président que celui-ci avait réussi à éviter le pénitencier national. René Préval, comme il en était de son habitude, n’avait pas confiance en la gestion de son directeur général.
La justice haïtienne a émis un mandat d’amener contre Patrick Noramé, l’ancien responsable du Bureau de Monétisation des Programmes d’Aide au Développement (BMPAD) embauché sous l’Administration Privert. Le fugitif qui se trouve actuellement dans une ville des États-Unis a étonné les auditeurs de radio Caraïbes avec une série de révélations fracassantes. L’ex-fonctionnaire est formellement accusé de « corruption administrative » dans un rapport de l’Unité de Lutte contre la Corruption (ULCC). Patrick Noramé a expliqué que l’État haïtien enregistre un manque à gagner de 4 millions de dollars sur chaque arrivage des produits du pétrole. L’argent du déficit sert les intérêts de quelques individus proches du pouvoir, nous a-t-il appris. Il percevait lui-même un salaire entre 16 mille et 17 mille dollars américains par mois. Pour ceux qui ne le savaient pas, le « paradis » se trouve aussi en Haïti.
Histoire
Depuis le tout début du 21ème siècle, plusieurs États de la planète ont adopté des disposions légales dans le but, affirment-ils, de renforcer la lutte contre le phénomène de la corruption qui ne cesse de gagner du terrain. Ce terme est aussi devenu – il faut le mentionner – une arme politique utilisée par les gouvernements impérialistes contre des leaders progressistes de pays émergents ou en voie de développement. Il a entraîné l’emprisonnement arbitraire du président Luiz Inácio Lula Da Silva au pays de Dom Pedro. Le président Lula, condamné à 12 ans et un mois de prison, enfermé dans une cellule pénitentiaire, avait continué de clamer son innocence. La « justice des riches » a assassiné le « père des pauvres », pour reprendre la locution nominale du journal français Le Monde qui l’a lui-même utilisé de manière ironique et moqueuse. Mais c’est bien vrai que le Camarade Luiz Inácio Lula Da Silva est le défenseur et le protecteur de la classe ouvrière.
Son successeur, Dilma Rousseff, a été elle-même destituée manu militari par un vote du Sénat bourgeois dans le cadre de l’affaire Petrobras. Le vice-président, Michel Temer, sur lequel pesait également des accusations de corruption, l’avait remplacée jusqu’aux élections du 28 octobre 2018.
La gouvernance de Jair Bolsonaro au Brésil (2019-2023) a été fortement marquée par des scandales de corruption familiaux et politiques, un affaiblissement des organes de contrôle anticorruption, ainsi que par des accusations d’autoritarisme qui ont finalement culminé – vous le savez déjà – dans une tentative désespérée de coup d’État après sa défaite électorale le 30 octobre 2022. Jair Bolsonaro est reconnu comme un extrémiste de droite, un ancien gendarme cynique et froid, un ami fidèle et un protégé de Donald Trump, le président milliardaire trempé dans le scandale du pédophile Jeffrey Epstein, et dont la biographie a servi d’inspiration à Fabrizio Calvi pour son célèbre ouvrage « Un parrain à la Maison Blanche », que nous recommandons à tous les lecteurs intéressés aux prévisions nostradamusiennes sur le déclin de l’empire américain.
Le COAF est une agence brésilienne chargée de surveiller et d’enquêter sur les transactions bancaires douteuses et frauduleuses. L’institution a signalé des opérations irrégulières sur le compte de Fabricio José de Queiroz, un ex-collaborateur du fils aîné du président brésilien, Flavio Bolsonaro [9]. Les soupçons de malversations visaient également le nouveau locataire du Palacio de Alvorada du Brésil. Et pourtant, appuyé par les États-Unis, Jair Bolsonaro a été investi dans sa fonction présidentielle le 1er janvier 2019. Ce début de scandale politique, semble-t-il, a été étouffé dans l’œuf. Tout s’est dissipé comme des nuages de fumée.
Le 7 février 2017, l’inculpé Jovenel Moïse prêtait serment comme le nouveau président de la République d’Haïti. Quelques semaines avant l’avènement, un rapport de Me Sonel Jean François, président de L’Unité Centrale de Renseignements Financiers (UCREF) a démontré l’implication du président nommé par la Minustah, le Core Group et les commerçants du bord-de-mer dans des activités occultes de blanchiment d’argent. Le chef du parquet du tribunal civil de Port-au-Prince, Me Jean Danton Léger, a envoyé un réquisitoire supplétif au juge d’instruction dans lequel il demandait une enquête approfondie sur le dossier et l’interrogatoire de trois témoins importants, parmi lesquels, Réginald Boulos et l’épouse du principal concerné, Martine Moïse. Malgré la mise en accusation du gérant de l’Agritrans, les membres du corps diplomatique accrédités en Haïti ont été présents au Parlement haïtien pour honorer la cérémonie de passation de pouvoir entre Jocelerme Privert et le PHTK.
Jocelerme Privert et Jovenel Moïse
Outre les deux enquêtes sénatoriales, le nom de Jovenel Moïse, avec sa compagnie Agritrans occupe une place non enviable parmi les dirigeants des firmes locales et étrangères qui ont dévalisé l’aide au développement accordée à Haïti par le Venezuela. L’avocat de cette société anonyme, Me Mario Delcy a tenté, mais sans succès, de décrédibiliser le document de la Cour. Sur un total de 409 projets financés avec le fonds PetroCaribe, seulement 10% ont été passés sous la loupe des auditeurs de l’État.
Hypocrisie
Le Groupe d’action financière (GAFI), créé au cours de l’année 1889 lors du sommet du G7 à Paris s’est donné pour mission de protéger les institutions bancaires internationales contre les fléaux du blanchiment des capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive. Coluche, le défunt grand humoriste français, aurait dit : « Franchement, ils nous prennent pour des cons… » Où sont fabriquées les armes les plus redoutables qui sont capables de détruire la planète en quelques minutes? La prolifération des armes de destruction massive s’explique par la soif des États hégémoniques de contrôler et d’accaparer les richesses de l’univers. Ils pensent pouvoir tout obtenir par la force et la ruse.
Le GAFI regroupe 36 pays et territoires, deux organisations régionales. En consultant la liste, vous remarquerez sans doute que les pays dominés, exploités ne sont pas membres de cette « association » douteuse qui prétend avoir fait de la « corruption » son cheval de bataille. L’esprit de gain maximal, de profit outrancier est le moteur de développement du « Capital ». Et les méthodes opérationnelles n’excluent aucun moyen malhonnête.
Criminalité financière
L’alcool de contrebande a enrichi les familles mafieuses des États-Unis. Le film de Brian De Palma, Les incorruptibles, retrace une époque tumultueuse de la première moitié du 20ème siècle à New York, Chicago, Boston, Philadelphie… Les gangs s’affrontaient avec des mitraillettes. L’argent du crime organisé, blanchi avec la complicité des institutions bancaires, était investi dans des secteurs d’activités lucratives : immobilier, hôtellerie, casino, tourisme, industrie automobile… Les banques sont le plus souvent des couloirs de corruption qui mènent à l’expansion du « Capital ».
Conclusion
En 2018, la République d’Haïti était quotidiennement paralysée par des vagues de manifestations massives à travers le mouvement « Peyi Lòk » (pays bloqué). Des barricades de pneus enflammés et des débris de toutes sortes bloquaient les routes principales des villes, surtout à Port-au-Prince. Les transports en commun, les écoles, les banques, les marchés publics et les commerces fermaient de force. Le mouvement « Peyi Lòk » (pays bloqué) n’avait pas un chef unique. Cette initiative est née du mouvement citoyen et décentralisé PetroCaribeChallenge initié par des jeunes sur les réseaux sociaux, puis structuré par des organisations de la société civile comme le collectif Nou Pap Dòmi et des figures militantes et artistiques. Nous pouvons citer, entre autres, Gaëlle Bien-Aimé, Pascale Solages, James Beltis…
Les familles haïtiennes, exaspérées par la cherté de la vie, la dépréciation de la gourde et les pénuries de carburant, descendaient tous les jours dans la rue pour exprimer leur volonté manifeste de mettre fin à la « culture de la corruption » qui atrophie le processus de développement de l’État depuis sa fondation en 1804 aux Gonaïves, une ville située – nous le rappelons – dans le département de l’Artibonite. La proclamation officielle de l’indépendance a eu lieu le 1er janvier 1804 sur la Place d’Armes de la cité par le général Jean-Jacques Dessalines qui a continué le combat de la Liberté après l’enlèvement et l’assassinat de Toussaint Louverture par Napoléon Bonaparte. L’élément déclencheur de cette colère populaire a émergé du scandale soulevé par la mauvaise utilisation des fonds PetroCaribe au profit des « corrupteurs et des corrompus » du palais présidentiel qui engraissent les oligarques du secteur privé. En janvier 2020, La République d’Haïti s’est enfoncée de manière plus profonde dans un vide institutionnel majeur : les élections législatives n’étant pas organisées à temps, le mandat des parlementaires expira : ce qui rendait caduc le pouvoir législatif mutilé et putréfié. Jovenel Moïse a pris la décision de gouverner par décret. Son projet de réforme constitutionnelle controversé, visant à consolider son pouvoir, accroître son autorité, élargir ses prérogatives ou étayer sa domination pour marquer une plus grande emprise de l’État n’aboutit pas. Le destin de Jovenel Moïse a basculé définitivement dans la nuit du 7 juillet 2021. Un commando armé, composé majoritairement de mercenaires colombiens, s’introduit dans sa résidence privée à Pétion-Ville et l’a exécuté froidement et cruellement. Cet événement, qui a choqué le monde entier, a plongé Haïti dans un vide politique absolu et une crise sécuritaire encore plus profonde. La mort tragique du « président mal foutu » n’a pas résolu les maux du pays. Elle a plutôt ouvert la voie à une période d’anarchie et de contrôle territorial par les gangs civils armés.
Aujourd’hui encore, les Haïtiens exigent un procès en bonne et due forme contre les dilapidateurs de l’argent du Commandant Chavez. De la même manière que Caïn paya pour le meurtre de son frère Abel, les antipatriotes, les « bandits légaux », ne pourront, eux non plus, échapper à leur châtiment sous la guillotine de la « Justice révolutionnaire ».
Entre-temps, la misère lèche les ciels du désespoir. La « gourde », la monnaie nationale se fait de plus en plus aplatir par le « dollar impérial ». Les produits de première nécessité demeurent en quantité nettement insuffisante. En Haïti, la vie s’est arrêtée comme une vieille horloge pour les familles en situation de précarité.
Pour vous le dire franchement : « La population crève! »
Robert Lodimus
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Notes et références
[1] Lesly Péan, La corruption rose et les fonds PetroCaribe, 13 novembre 2014.
[2] Lesly Péan, La corruption rose et les fonds PetroCaribe, 13 novembre 2014.
[3] Les affaires, Nouvelles économiques, 4 avril 2018.
[4] Les affaires, Nouvelles économiques, 4 avril 2018.
[5] Le Nouvelliste, Mirlande Manigat reconnaît que son parti a reçu de l’argent d’une firme dominicaine, 2 août 2016.
[6] Alter Presse, Affaire Bautista : La justice d’Haïti interpelée.
Campagnes et élections
[7] Me André Michel, cité par Rezo Nòdwès, 19 septembre 2018.
[8] Chyen janbe : nourriture préparée dans des conditions insalubres.
[9] Texte publié par France 24, le 13 décembre 2018.
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