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PRA. CE QUE JE PENSE : UN PAS DE PLUS VERS LE GOUFFRE

Haitian Globe
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February 10, 2026
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PRA. CE QUE JE PENSE : UN PAS DE PLUS VERS LE GOUFFRE

CE QUE JE PENSE
UN PAS DE PLUS VERS LE GOUFFRE

Didier Fils Aimé croit réussir un coup d’État le 7 février sous la bénédiction sacrilège de l’ambassadeur américain, en empruntant une trajectoire vers le faîte du pouvoir sans délimitation, sans contrôle : un pouvoir arbitraire, autoritaire et immodéré. Ce qu’il ne voit pas, sous l’euphorie excédée par une passade et non une liaison de raison, c’est que sa trajectoire moitrinaire plonge son pouvoir dans un gouffre, le place face à des populations désespérées et agrippe le pays à la perspective d’une nouvelle crise de dix ans. Le surpouvoir affaiblit. Le pouvoir absolu est meurtrier et suicidaire.

À la pointe de sa mise en scène, trop de petitesses, trop vive inclination à la terreur marquent la faiblesse d’un petit dictateur qui ne sait comment naître ni se réaliser, car un pouvoir qui n’a pas l’onction populaire est un lutin à la merci des loups-garous de la politique infernale. Dans ses premiers vagissements, le lutin ne paraît pas disposé à sortir de sa chapelle. Il veut tout, par et pour lui.

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La réalité montrera bientôt que l’appui d’une ambassade n’est pas une sûreté politique, ni la garantie de l’assentiment populaire, encore moins le fondement de l’autorité. Le pouvoir dont veut se prévaloir Didier Fils Aimé constitue un vide juridique. Il n’a qu’une mission administrative consistant à expédier les affaires courantes collectivement et solidairement avec les autres ministres. Un Premier ministre n’est pas un chef d’État, mais un coordonnateur du cabinet ministériel, avec un avantage de préséance et des droits qui ne peuvent se confondre avec les prérogatives présidentielles.

Pour se détourner de cette trajectoire accidentée, qui tend vers des affrontements entre le peuple et les clans du pouvoir, un accord politique large incluant la représentativité des provinces doit intervenir, consacrant l’urgence et la nécessité d’une conférence nationale souveraine. Organiser des élections avant cette instance reviendrait à reporter la crise sur une autre période d’au moins dix ans et à compromettre l’avenir de la jeunesse. Refonder la nation plutôt que jouir du pouvoir : le véritable homme d’État ne s’accroche pas aux privilèges du présent, mais à la certitude de l’avenir.

Le régime que veut implanter Didier Fils Aimé s’apparente à une débandade illibérale, une débandade démocratique qui méprise les institutions, néglige les droits humains et substitue à la loi la volonté du plus fort ainsi que la prééminence des plus riches.

Gonaïves, le 9 février 2026
Pierre Robert Auguste

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