Le 18 septembre 2026, le Conseil Électoral Provisoire (CEP) a officiellement certifié que le groupement politique VIKTWA, composé de cinquante-deux (52) partis, est exempt de tous les frais d’inscription pour ses candidats. Ce mémorandum, signé à Pétion-Ville par le président Jacques Desrosiers, s’appuie sur l’article 136 du Décret électoral et sur la disposition accordant une réduction de 100 % des frais aux groupements de plus de cinquante partis.
Sur le papier, il s’agit d’une application pure et simple de la loi. Dans la réalité haïtienne, c’est tout autre chose : le résultat concret de la collaboration intéressée, de la complicité assumée et, plus encore, de la stupidité politique de formations qui se disent encore « de combat » ou « historiques ».
Lavalas, l’OPL, EDE et d’autres formations qui ont rejoint ou cautionné cette architecture n’ont pas seulement accepté de diluer leur identité dans un conglomérat de 52 sigles. Elles ont activement participé à la construction d’un véhicule électoral conçu pour maximiser les avantages réglementaires tout en minimisant les exigences de clarté idéologique, de programme et de responsabilité. En multipliant les coquilles pour atteindre le seuil magique des cinquante partis, elles ont transformé la loi en instrument d’optimisation fiscale et procédurale.
Cette manœuvre n’est pas anodine. Elle révèle une conception de la politique où l’essentiel n’est plus de convaincre le peuple, mais de neutraliser les coûts administratifs et de se positionner dans le jeu des quotas et des exemptions. Quand des partis qui, hier encore, se présentaient comme les héritiers de luttes populaires ou démocratiques acceptent de fusionner leur destin dans un ensemble aussi hétéroclite, ils signent l’aveu de leur propre épuisement. Ils préfèrent la facilité de la machine collective à l’effort de reconstruire une offre politique digne de ce nom.
Le CEP, en appliquant strictement le texte, n’a fait que constater le résultat de ce calcul. Mais le véritable scandale n’est pas dans la décision administrative. Il est dans le silence complice ou l’enthousiasme intéressé de ceux qui ont rendu cette configuration possible. En choisissant la quantité de partis plutôt que la qualité du projet, Lavalas, l’OPL, EDE et leurs associés ont offert à VIKTWA un cadeau réglementaire. Ils ont surtout offert au pays le spectacle d’une classe politique qui, une fois de plus, confond ruse procédurale et stratégie politique.
L’histoire retiendra peut-être que, le 18 septembre 2026, un groupement a obtenu une exemption totale de frais. Elle devrait surtout retenir que cette exemption a été rendue possible par la collaboration, la complicité et la stupidité de partis qui ont préféré se fondre dans le nombre plutôt que de se battre pour le sens.

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Via Rezo Nòdwès
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