Fixée au 1er octobre 2025, l’ouverture des classes se prépare dans un climat d’inquiétude. Entre l’inflation, les frais scolaires élevés et le déplacement forcé de milliers de familles, de nombreux parents se disent incapables d’envoyer leurs enfants à l’école.
L’année académique 2025-2026 s’ouvrira officiellement le 1er octobre, conformément au calendrier fixé par le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP). Mais si, sur papier, la rentrée est confirmée, dans la réalité, elle demeure un casse-tête pour de nombreuses familles haïtiennes.
Lors d’un échange avec la rédaction de Juno7, plusieurs parents ont confié leur inquiétude face à cette rentrée scolaire. Ils évoquent des conditions économiques et sociales qui rendent pratiquement impossible l’inscription de leurs enfants. « Les écoles sont devenues beaucoup plus chères, et avec l’inflation, tout augmente : les uniformes, les fournitures, même la nourriture », déplore une mère rencontrée à l’école nationale Argentine Bellegarde, transformée en abri provisoire depuis la violence des gangs.
Cette plainte reflète le sentiment général d’impuissance qui règne au sein des ménages. Le coût de la vie, en constante augmentation, frappe de plein fouet les classes moyennes et populaires, accentuant l’inégalité d’accès à l’éducation.
Pour d’autres parents, les difficultés ne se limitent pas au fardeau financier. Déplacés de force par la violence des gangs, des familles entières vivent aujourd’hui dans des abris provisoires, parfois loin de leurs anciennes écoles. Ces conditions de vie précaires compliquent davantage la perspective de retour en classe.
« Comment envoyer mes enfants à l’école alors que je n’ai même pas une maison pour les abriter ? » s’interroge un père de famille, désormais installé dans un centre d’accueil improvisé au local de l’OPC. Ces parents lancent un appel pressant à l’État pour qu’il les reloge, espérant retrouver un semblant de stabilité et offrir une chance d’avenir à leurs enfants.
Chaque année, l’ouverture des classes en Haïti se transforme en un véritable défi national. Entre les retards fréquents, les grèves, les crises politiques et les problèmes d’infrastructures, les élèves et leurs familles naviguent dans une mer d’incertitudes. L’année 2025-2026 ne fait pas exception : la question de l’accès à l’éducation reste intimement liée à la crise multiforme qui secoue le pays.
Pourtant, malgré ces obstacles, la soif d’apprendre des enfants haïtiens demeure intacte. Dans les quartiers populaires comme dans les zones rurales, beaucoup rêvent encore de regagner leur salle de classe, même si leurs parents ne savent pas toujours comment ils parviendront à payer les frais.
« Je souhaite retourner à l’école pour retrouver mes camarades de classe. Mon plus grand rêve est de poursuivre des études de médecine après avoir terminé mes études classiques », a déclaré un élève de NS1.
En attendant, à l’approche du 1er octobre, une question reste suspendue : combien d’élèves pourront réellement franchir les portes des écoles cette année ?

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Via Juno 7
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