Car celui qui gouverne sans patrie intérieure, n’a plus d’Haïti dans la conscience.
Il n’y a que le drapeau qui nous lie,
toi qui, depuis longtemps, n’es plus des nôtres ;
posé par décret sur un trône d’emprunt,
sans suffrage, sans ferveur, sans peuple aux portes.
Hier, un département te refusa sa clé ;
aujourd’hui, l’État entier dort sous ta garde.
Mais la carte se fracture, les routes sont mangées,
et la République saigne pendant que tu regardes.
Les morts s’additionnent en chiffres funéraires :
dizaines, vingtaines, centaines sans sépulture.
Chaque communiqué promet l’aube électorale,
mais la nuit, elle, rédige seule la procédure.
Six mois pour choisir un président ?
Campagne, sécurité, urnes, contrôle et mémoire ?
Même le droit, dans son austère patience,
sourirait devant pareille prétoire.
Alors va, une dernière fois, à l’Arcahaïe ;
regarde à còté de toi ce bicolore que l’histoire a lavé de sang.
Mai 2027 n’est promis à personne,
ni les caisses publiques, ni les voyages, ni le rang.
Va saluer le Drapeau, si ton cœur le reconnaît ;
mais nul ne s’étonnera de ton absence.
Car celui qui gouverne sans patrie intérieure
n’a plus d’Haïti dans la conscience.
Rezo Nòdwès

The post Il n’y a que le drapeau qui nous lie first appeared on Rezo Nòdwès.
Via Rezonodwes
Read original article
Comments (0)
Add a Comment
No comments yet