Trump contre la Réserve fédérale : une guerre ouverte menace l’indépendance monétaire des États-Unis
Washington, 30 août 2025 – C’est une bataille institutionnelle sans précédent qui secoue les fondations de la démocratie économique américaine. Le président Donald Trump, dans une démonstration de force inédite, a lancé une offensive directe contre la Réserve fédérale (Fed), en destituant l’une de ses gouverneures, Lisa Cook, provoquant une onde de choc sur les marchés financiers et dans les cercles politiques de Washington.
Le 25 août, Donald Trump a signé une lettre présidentielle annonçant la destitution de Lisa Cook, nommée sous l’administration Biden. Il justifie sa décision en l’accusant d’avoir « faussé ses déclarations financières » lors de sa nomination. Un argument que la principale concernée qualifie de pure manœuvre politique. La loi américaine, et notamment le Federal Reserve Act, stipule pourtant que les membres du Conseil des gouverneurs ne peuvent être démis que “pour cause”, c’est-à-dire en cas de faute grave prouvée.
Immédiatement, Lisa Cook a saisi la justice fédérale, déposant une demande d’injonction pour conserver son poste. Le juge Jia Cobb, de la cour du district de Columbia, a pour l’instant suspendu sa décision, demandant davantage d’éléments avant de trancher.
Une attaque contre l’indépendance de la Fed
Depuis sa création en 1913, la Réserve fédérale a fonctionné comme une institution indépendante du pouvoir exécutif, précisément pour éviter les pressions politiques sur la politique monétaire. Ce principe a été renforcé après les crises inflationnistes des années 1970 et 1980.
Mais Trump semble décidé à remettre en cause cette tradition. Selon plusieurs sources proches de la Maison-Blanche, son objectif serait de prendre le contrôle de la Fed afin d’influencer plus directement les taux d’intérêt, jugés trop élevés pour ses objectifs économiques et électoraux. Une démarche qui inquiète jusque dans les milieux républicains, certains y voyant une dérive autoritaire.
Les marchés réagissent, les économistes s’alarment
L’annonce du limogeage a provoqué une certaine nervosité sur les marchés financiers. La courbe des taux obligataires s’est aplatie, signe que les investisseurs anticipent une possible perte de crédibilité de la politique monétaire américaine. Plusieurs économistes de renom, dont Paul Krugman et Mohamed El-Erian, ont exprimé leurs craintes face à une politisation de la Fed qui pourrait faire fuir les capitaux et déstabiliser le dollar.
Dans un éditorial du Guardian, on lit :
« L’indépendance n’est pas une fin en soi, mais elle est indispensable pour maintenir la stabilité. La tentative de Trump de dominer la Fed menace l’équilibre économique mondial. »
Lisa Cook, symbole malgré elle
Première femme noire nommée au Conseil des gouverneurs de la Fed, Lisa Cook est devenue, bien malgré elle, un symbole de résistance. Elle bénéficie d’un large soutien dans la communauté académique et financière. En conférence de presse, elle a déclaré :
« Cette tentative de destitution est illégale. Elle représente une menace pour la démocratie institutionnelle. »
Un affrontement qui pourrait remonter jusqu’à la Cour Suprême
La bataille juridique ne fait que commencer. Plusieurs analystes estiment que le sort de Lisa Cook pourrait devenir un dossier phare de la Cour Suprême, tant les enjeux constitutionnels sont profonds : le président peut-il démettre un membre de la Fed sans vote du Congrès ? L’indépendance de la banque centrale est-elle garantie dans la Constitution ?
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Via Juno 7
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