HAÏTI | KENSCOFF — Alix Fils-Aimé parle d’élections : a-t-il regardé les dernières images de Kenscoff ?
PORT-AU-PRINCE, 26 août 2026 — Quarante-sept morts, plus de 50 personnes enlevées, des familles courant au milieu des cadavres : les dernières images de Kenscoff décrivent moins un territoire préparant des élections qu’une population cherchant à survivre. Selon les Nations unies, au moins cinq enfants figurent parmi les victimes de l’attaque déclenchée dimanche. Vingt-deux personnes auraient été exécutées dans l’enceinte d’une église où elles avaient cherché refuge.
Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, qui continue de soutenir le processus électoral et s’est lui-même inscrit sur les listes au début du mois, a-t-il regardé ces images avant de parler du prochain rendez-vous avec les urnes ? Le calendrier du CEP fixe toujours le premier tour au 13 décembre 2026, tandis que Kenscoff vient de rappeler, avec une violence presque clinique, l’écart séparant le calendrier politique de la réalité sécuritaire.
Les assaillants n’ont pas seulement tué. Selon l’Associated Press, ils ont incendié 25 maisons et organisé l’un des enlèvements collectifs les plus importants enregistrés ces dernières années en Haïti. Un chef armé a même menacé d’exécuter les otages si des membres de son groupe étaient tués lors des opérations policières. L’État se trouve ainsi confronté à une équation juridiquement et politiquement redoutable : comment garantir le libre exercice du suffrage lorsque des citoyens ne disposent même plus de la garantie élémentaire de rentrer vivants chez eux ?
Kenscoff survient au moment où le BINUH vient de documenter 1 408 morts et 656 blessés pour les seuls mois d’avril à juin 2026. Plus de 1,5 million de personnes sont déplacées à travers le pays. Le 13 décembre demeure inscrit sur un calendrier ; les corps étendus à Kenscoff, eux, appartiennent au présent. Avant de demander aux Haïtiens où ils iront voter, le pouvoir devra répondre à une interrogation plus immédiate : qui leur garantit qu’ils pourront atteindre les bureaux de vote sans rencontrer, sur leur route, les mêmes hommes armés qui ont traversé Kenscoff ?
source: New York Post
The post Haiti | CARNAGE — 47 morts, plus de 50 otages : Alix Fils-Aimé a-t-il vu les images de Kenscoff avant de parler d’élections ? first appeared on Rezo Nòdwès.
Via Rezonodwes
Read original article
Comments (0)
Add a Comment
No comments yet