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Haiti | Crimes et chaos — Après le carnage à Kenscoff, l’ONU, l’OEA, l’UE et Washington exhortent les autorités de doublure à « protéger la population et à poursuivre les auteurs »

Haitian Globe
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August 26, 2026
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Haiti | Crimes et chaos — Après le carnage à Kenscoff, l’ONU, l’OEA, l’UE et Washington exhortent les autorités de doublure à « protéger la population et à poursuivre les auteurs »

Après le massacre de 47 personnes, l’ONU, l’OEA, l’UE et Washington exhortent les autorités haïtiennes à protéger la population et à poursuivre les auteurs

PORT-AU-PRINCE, 26 août 2026 — Les condamnations internationales se sont succédé après le massacre perpétré dans la nuit du 23 au 24 août à Kenscoff, où les Nations unies font désormais état d’au moins 47 personnes tuées, 22 blessées et plus de 50 autres enlevées. L’ONU, l’Organisation des États américains (OEA), l’Union européenne et les États-Unis ont condamné l’offensive des groupes armés, tandis que la pression s’accentue sur les autorités de doublure pour assurer la protection effective des civils et engager des poursuites contre les auteurs de ces crimes.

Ce crime contre l’humanité attribué à des membres de la coalition criminelle Viv Ansanm, a frappé cette commune agricole des hauteurs de Port-au-Prince, déjà visée à plusieurs reprises depuis 2025. Des habitations ont été incendiées et des civils exécutés, notamment à proximité d’une église où des personnes avaient cherché refuge. Selon Associated Press, au moins cinq enfants figurent parmi les victimes et l’enlèvement collectif de plus de 50 personnes constitue l’une des prises d’otages les plus importantes enregistrées ces dernières années en Haïti.

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Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a condamné l’attaque et estimé qu’elle confirmait la gravité persistante de la situation sécuritaire haïtienne. Les Nations unies ont appelé les autorités à renforcer la protection de la population et à faire en sorte que les responsables de ces violences répondent de leurs actes devant la justice. Cette exigence de reddition de comptes intervient dans une commune où le BINUH et le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme avaient déjà documenté au moins 262 morts en deux mois en 2025, parmi lesquels de nombreux civils exécutés dans leurs maisons ou alors qu’ils tentaient de fuir.

À Washington, le secrétaire général de l’OEA, Albert R. Ramdin, a dénoncé une violence dont le coût humain et psychologique est, selon lui, « dévastateur et totalement inacceptable ». Quelques jours après avoir achevé une mission de haut niveau en Haïti, M. Ramdin a demandé aux États membres et aux partenaires internationaux d’accélérer leurs engagements en faveur de la Force de répression des gangs (FRG). Pour le responsable régional, la communauté internationale doit désormais passer des promesses à leur mise en œuvre et obtenir des résultats tangibles sur le terrain.

La Délégation de l’Union européenne en Haïti, conjointement avec les ambassades de France et d’Espagne, a également condamné « avec la plus grande fermeté » l’offensive meurtrière. Les représentations européennes ont adressé leurs condoléances aux familles des victimes et réaffirmé leur soutien aux autorités haïtiennes, notamment à travers l’appui fourni à la Police nationale d’Haïti (PNH), aux Forces armées d’Haïti (FAd’H) et à la FRG pour le rétablissement de la paix et de la sécurité.

Les États-Unis ont, de leur côté, condamné « fermement l’attaque violente contre la communauté agricole de Kenscoff ». L’ambassade américaine a présenté ses condoléances aux victimes et à leurs familles, tout en réaffirmant l’engagement de Washington à soutenir les « efforts de sécurité menés par Haïti » afin de mettre fin à la terreur exercée par les gangs.

Cette convergence diplomatique ne signifie toutefois pas que les quatre partenaires ont formulé des demandes identiques. L’ONU insiste explicitement sur la protection des civils et la responsabilité pénale des auteurs ; l’OEA réclame une accélération de la réponse sécuritaire internationale ; l’Union européenne et Washington réaffirment leur soutien aux forces haïtiennes. L’ensemble de ces prises de position replace néanmoins l’État haïtien devant son obligation première : garantir la sûreté des personnes, prévenir la répétition des massacres et assurer que les crimes commis à Kenscoff ne restent pas sans poursuites.

Le massacre intervient au moment où les autorités affirment vouloir restaurer l’autorité de l’État et préparer des élections fixées au 13 décembre 2026. Or, Kenscoff, déjà frappée à de multiples reprises, démontre la persistance d’un écart entre les annonces institutionnelles et la capacité réelle de protéger les populations. Au-delà des condamnations diplomatiques et des promesses de renforts, le dossier pose désormais une exigence de responsabilité publique : quelles mesures préventives avaient été prises avant l’attaque, quelles défaillances ont permis son exécution et quelles suites judiciaires seront effectivement engagées contre ses auteurs et complices ?

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